(093) Manière de se vêtir des Chinois.

Maintenant que j’ai parlé tant bien que mal des pagodes, de la fête du Têt et des offrandes que l’on fait en l’honneur des ancêtres, je dirai que le Chinois est généralement grand, gros et fort. Des caricatures répandues en Europe ont eu bien tort de le représenter apathique, paresseux, n’aimant qu’à fumer et à bien vivre. Je ne trouve rien de plus niais que de tourner un peuple ainsi en ridicule et de fausser la réalité. Ceux qui en font ce portrait-là ne l’ont jamais vu à l’œuvre car ce peuple d’abord est le plus patient au travail et le plus frugal qui existe sur terre ; il n’est pas brave et est peut-être plus lâche c’est vrai — ceux qui ont vécu longtemps dans ces pays-ci s’accordent à le dire — mais ce n’est pas une raison pour lui refuser les autres qualités. S’il fume l’opium, s’il va jouer, il ne le fait qu’après avoir fini son travail ; cela ne l’empêche pas de vaquer à ses affaires toute la journée et d’entreprendre les travaux les plus longs et les plus pénibles.
Les Chinois du Sud sont très bronzés, ont la figure ronde et de gros traits. Les Chinois du Nord sont très blancs, ont la figure plus longue, des traits fins et distingués, des membres délicats ; ce sont les petits Messieurs de la Chine. Mais qu’ils soient du Nord ou du Sud, ils se ressemblent sous d’autres points de vue. Tout Chinois en effet a les yeux vifs et le regard intelligent. Il se rase le devant de la tête et laisse croître le reste de ses cheveux pour les tresser et en faire une belle natte, qu’il replie en couronne derrière la nuque ou laisse flotter jusque sur ses talons grâce à d’autres tresses en soie ; et cela selon qu’il travaille ou ne travaille pas, qu’il est chez lui ou chez les autres.
La plupart du temps il a la tête découverte. Quand il se couvre, qu’il soit ouvrier ou coolie, il porte le chapeau chinois à longue pointe et à larges bords, fait en tresses de bambou. Beaucoup portent déjà le chapeau de feutre comme en France, les gens riches se coiffent de panamas ou de calottes brodés.
Le vêtement a la même forme pour tout le monde. C’est une blouse très ample, à manches larges, qui boutonne sur le côté et descend jusqu’aux genoux. Ce vêtement est fendu sur le devant et les deux parties se croisent l’une sur l’autre. Les riches en portent quelquefois deux ; celle du dessus, bleue ou jaune ordinairement, est plus courte que celle du dessous qui est blanche. Le pantalon, très large aussi et de même étoffe, est retenu par un nœud à la ceinture.
Les travailleurs se servent tous d’une étoffe de coton noire ou gros bleu goudronnée, épaisse et très solide. Il serait à désirer qu’elle fût connue en France, elle y serait de la plus grande utilité pour les ouvriers.
Le vêtement des riches s’agrafe avec des boutons d’or. Leur pantalon en crépon de même couleur est enfermé à partir du genou dans des bas de soie bleue ou blanche faits d’une autre façon que les nôtres.
Il y a bien peu de Chinois qui marchent nu pieds, tous ont des chaussures d’étoffe noir, quelquefois couvertes de broderies comme sur un sabot de liège ou de bois léger ; entre parenthèses, cette chaussure est bien plus commode que la nôtre.
Tous les Chinois sont excessivement propres, après le travail, ils ne manquent jamais de se baigner, de se frotter le corps et de se nettoyer comme il faut. Le matin, on voit chaque Chinois se laver la bouche et les dents puis ranger tout à sa place et tenir tout aussi bien qu’une femme la maison qu’il occupe dans une excessive propreté. Le soir venu, après qu’il a bien travaillé, il se met sur le seuil de sa porte, joue du fifre, fume l’opium ou bien va risquer ses piastres au jeu.

Commentaires

  1. En effet, les chinois sont excessivement propres et se nettoient tous les jours. Merci à votre ancêtre de mettre en lumière le souci de propreté de notre peuple et clouer le bec de certains cochons caca malveillants.

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  2. Ce passage me semble douteux, j’ai peut-être fait une erreur de retranscription...

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