(076) Distractions des Européens.
Mais, me direz-vous, vous parlez bien des théâtres chinois, annamites, etc., mais du théâtre français, vous n’en dites pas un mot. Non, et cela parce qu’il n’y en a pas ! On a bien tenté une ou deux fois de former une troupe, mais on ne pouvait le faire qu’avec des employés qui n’avaient guère de temps à donner aux répétitions et qui n’étaient pas familiarisés avec le théâtre ; aussi, les quelques pièces que l’on a jouées n’ayant pas réussi, on a cessé toute espèce de tentative de ce côté-là. Les Occidentaux sont du reste encore trop peu nombreux pour qu’un théâtre, même subventionné, puisse tenir longtemps.
Donc, quand nous avons quelque distraction de ce genre, c’est que quelques jeunes gens ennuyés se dévouent à apprendre quelques chansons, quelques petits vaudevilles, ou qu’une troupe de comédiens est de passage. Alors des affiches monstres annoncent la grrrande et surprenante nouvelle à toute la ville, et le lendemain soir, ceux qui veulent aller entendre quelques actrices italiennes ou allemandes de rebut — car rarement ce sont des étoiles de première grandeur — sont obligés de donner une piastre d’entrée. La première fois tout est nouveau, tout est beau, on donne son argent ; mais le lendemain, la salle est à peu près déserte, de sorte que la troupe, après une ou deux représentations, se voit forcée d’aller chercher fortune ailleurs.
Donc peu ou point de distractions de ce côté-là. Heureusement que nous sommes pleins de philosophie et que nous nous habituons à nous passer de beaucoup de choses. Il n’y a que l’arrivée des courriers, les journaux et la musique qui nous réveillent de temps en temps, sans quoi nous dormirions d’un bout de l’année à l’autre, nous serions comme des automates qui font toujours la même chose.
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