(006) Les îles Stromboli. (20 février)
Courbaturé par le
roulis et l’insomnie, dès 4 heures je monte sur le pont. À l’horizon, quoique
le ciel soit sans nuages et superbement étoilé, je suis tout surpris de me voir
si bon matin en face d’un magnifique arc-en-ciel. Que peut-il nous annoncer,
puisque nous n’avons pas la moindre brise et que nous allons comme de vraies
tortues ?
Vers 8 heures, nous
passons au milieu d’un groupe de quatre à cinq îles qui frappent nos regards
depuis longtemps. Ces rochers, tous volcaniques et néanmoins presque tous
habités, sont les îles Lipari, dont l’une appelée Stromboli vomit des laves et
fume continuellement. Nous nous en sommes approchés tellement près que nous
distinguons parfaitement la largeur béante du cratère et le ruisseau
incandescent qui s’en échappe pour descendre vers la mer. Du haut en bas de la
montagne, dans cette partie la plus fréquentée par la lave, le sol est
néanmoins couvert de brins de mousse roussie qui poussent là je ne sais
comment, car la terre est rougeâtre et calcinée par les éruptions de tous les
siècles.
Malgré un aussi dangereux
voisin, du côté que nous voyons la population doit encore être assez nombreuse,
car j’aperçois un village composé de maisons blanches groupées autour d’une
vieille chapelle gothique et entourées de jardinets où croissent des arbres que
je pris pour des orangers et des lauriers-roses. Quand nous eûmes dépassé
l’île, dans un de ses renfoncements nous vîmes des mâtures de bâtiments à
l’ancre et une ville assez considérable, descendant en amphithéâtre par une
pente douce jusqu’au bord de la mer.
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