(031) Les gares d’Égypte.


Sur tout ce parcours qui est au moins de 80 lieues, il n’y a que très peu de gares et très peu de gardiens pour surveiller la ligne ; ces gares d’ailleurs ne sont pas si facile que cela à construire au milieu du désert : les matériaux ne sont pas à portée, puis le soleil, le vent, le sable, les bêtes féroces sont autant de choses qui contrarient l’ouvrier dans son travail. Ensuite, quels employés voudraient vivre dans un pareil isolement ? Et quels seraient les voyageurs qui voudraient prendre le train à ces gares ?
Les relais principaux ont été près d’Ismaïlia et au Caire. Dans la première de ces haltes nous avons distingué, à travers l’obscurité de la nuit, des masses de wagons qui semblaient abandonnés au milieu des sables. Au Caire, où nous étions vers minuit, la gare m’a semblé comme partout ouverte au premier venu, seulement elle était un peu mieux installée qu’ailleurs en ce sens qu’il y avait un quai, des bureaux et d’assez vastes magasins pour le dépôt du colis. Ici, cette gare est sans doute de premier ordre, tandis qu’en France ce ne serait tout au plus qu’une grange ou un hangar de peu d’importance.
En passant près de cette ville, j’aurais bien voulu voir les pyramides et les contempler à mon tour, mais il faisait nuit noire et surtout nuit glaciale, de sorte que chacun se blottissait dans son coin et restait soigneusement enveloppé dans son manteau. Cette petite ligne qui rend de si grands services en attendant le percement de l’isthme, qui coure constamment et sans bruit sur du sable fin, n’a pas dû être bien difficile à établir ; il a seulement fallu parfois exhausser le terrain à cause des débordements du Nil, mais des rochers à couper, des montagnes à percer, on n’en a rencontrés nulle part.

Source : http://mikes.railhistory.railfan.net/r050.html

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