(020) Population. Ânes et âniers.
La population
d’Alexandrie peut être de 200 000 habitants, dont la moitié sont
Européens. Ajoutez à ce chiffre la foule des étrangers qui viennent ici pour
affaires ou en amateurs et vous aurez une véritable fourmilière de travailleurs
qui s’agitent en tous sens pour vaquer à leurs occupations journalières. Les
rues sont si animées que si l’on se servait des moyens de locomotion que l’on a
en Europe il serait tout à fait impossible de faire un pas sans craindre d’être
écrasé à tout instant ; les voitures de luxe sont donc ici en très petit
nombre et n’appartiennent qu’aux plus riches Européens ; les fiacres eux
sont si rares qu’il ne faut pas en parler.
Ici pour le transport des lourds fardeaux, pour le camionnage, on ne se sert que des chameaux, et pour se rendre promptement d’un endroit à un autre, on ne se sert que des ânes, mais ce sont des ânes arabes habitués au soleil et à la fatigue qui, au rebours de messieurs les ânons d’Europe, vont comme le vent. Du reste, s’ils n’allaient pas, ils y seraient je crois bien forcés par les gamins qui les louent, car ces petits mâtins les rudoient continuellement en criant sans cesse d’un ton qui déchire les oreilles : « Arrh ! Arrh ! ». Aussi n’entend-on que ce cri mêlé à celui de tous les milliers de baudets qui courent à travers la ville.
Un Européen, quand il débarque à Alexandrie, ne manque jamais de faire sa promenade à âne. Ce plaisir là en vaut bien un autre et il a de plus l’avantage d’être à bon marché, car pour 7 sabaïn ou 25 centimes vous pouvez vous faire conduire partout où vous voudriez. Le gamin qui court à vos côtés vous montrera bien, par ses supplications, qu’il n’était pas commun d’aller ni si longtemps ni si loin et que vous lui devez davantage, mais il faut tenir bon et ne pas se laisser fléchir par ses jérémiades.
Comme les rues ne sont ni bitumées ni pavées et qu’elles sont toutes, même les principales, c’est-à-dire les rues Ibrahim, des Consuls et Anastasi, défoncées et couvertes d’un pied de poussière qui se change en une boue noire et infecte quand il tombe la moindre averse, les ânes, qui savent éviter les attroupements, les voitures et le mauvais chemin, sont pour cela de beaucoup préférés à toute espèce de véhicule.
Ici pour le transport des lourds fardeaux, pour le camionnage, on ne se sert que des chameaux, et pour se rendre promptement d’un endroit à un autre, on ne se sert que des ânes, mais ce sont des ânes arabes habitués au soleil et à la fatigue qui, au rebours de messieurs les ânons d’Europe, vont comme le vent. Du reste, s’ils n’allaient pas, ils y seraient je crois bien forcés par les gamins qui les louent, car ces petits mâtins les rudoient continuellement en criant sans cesse d’un ton qui déchire les oreilles : « Arrh ! Arrh ! ». Aussi n’entend-on que ce cri mêlé à celui de tous les milliers de baudets qui courent à travers la ville.
Un Européen, quand il débarque à Alexandrie, ne manque jamais de faire sa promenade à âne. Ce plaisir là en vaut bien un autre et il a de plus l’avantage d’être à bon marché, car pour 7 sabaïn ou 25 centimes vous pouvez vous faire conduire partout où vous voudriez. Le gamin qui court à vos côtés vous montrera bien, par ses supplications, qu’il n’était pas commun d’aller ni si longtemps ni si loin et que vous lui devez davantage, mais il faut tenir bon et ne pas se laisser fléchir par ses jérémiades.
Comme les rues ne sont ni bitumées ni pavées et qu’elles sont toutes, même les principales, c’est-à-dire les rues Ibrahim, des Consuls et Anastasi, défoncées et couvertes d’un pied de poussière qui se change en une boue noire et infecte quand il tombe la moindre averse, les ânes, qui savent éviter les attroupements, les voitures et le mauvais chemin, sont pour cela de beaucoup préférés à toute espèce de véhicule.
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