(015) Le spectacle des flots tumultueux.

Avec la brise favorable que nous avons depuis hier, nous ne pouvons tarder à arriver. Depuis Candie nous n’apercevons aucune île, aucune côte, aucun navire, nous n’avons pour tout spectacle qu’une mer immense, admirablement belle dans son agitation. Les vagues bondissent aussi hautes que des montagnes, elles nous enveloppent à droite et à gauche et nous laissent parfois dans un abîme où les poltrons tremblent de rester engloutis. S’élançant tantôt contre les flancs du navire, elles atteignent les bastingages et retombent en pluie sur le pont, fouettant et inondant le visage de tous ceux qu’elles rencontrent ; tantôt deux lames venant en sens contraire s’entrechoquent tellement fort que l’onde écume et devient blanche comme du lait pendant quelques instants. À quelques pas du navire j’aperçois des flots qui prennent toutes les teintes de l’arc-en-ciel, plus loin et partout ce ne sont que formidables mascarets, cascades éblouissantes, flocons argentés, fusées d’artifices et près de volcans d’où jaillissaient des fumées de perles fines, partout ce ne sont que fantaisies grandioses et terribles.

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