(110) Sur l’avenir de Saïgon et de la Cochinchine.
Quand on pense qu’il y a douze ans, lorsque nous vînmes dans ce pays, il n’y avait là que des masures éparses et des marécages, pas de rues, rien que de petits sentiers à travers les brousses, pas de commerce, rien ou à peu près, et qu’à cette heure il y a une ville sur l’emplacement de ce village, on ne doit pas s’étonner de trouver ceux qui l’ont vue à cette époque et ne l’ont pas quittée depuis, de les trouver, dis-je, stupéfaits en face des progrès accomplis, en face de tous les travaux que l’administration française a fait exécuter, de la quantité de vaisseaux qui arrivent de tous les points du monde chercher un abri dans son port, en face enfin des transactions commerciales qui s’opèrent sur la place de Saïgon.
Oui, tout ce que l’on a fait est certainement prodigieux, mais on doit faire bien davantage parce l’incertitude que l’on pouvait avoir encore sur l’avenir réservé à notre colonie est complètement dissipée, et tout ce que l’on n’eût osé entreprendre il y a quelques années, on l’entreprend aujourd’hui sans crainte. En effet la plus grande animation règne partout, les Européens conservent leurs capitaux à acheter des terrains et les Chinois eux-mêmes suivent leur exemple. Les entrepreneurs sont tous mis à réquisition, ils vont certainement faire des affaires d’or car ils ont toute une ville nouvelle à construire sur les hauteurs qui avoisinent le palais du gouvernement. Aussi, est-il également certain que dans dix ans d’ici Saïgon aura 150 000 habitants et sera l’une des plus belles villes de l’Orient.
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