(046) Les indigènes. Fortifications d’Aden.
C’est là, sur ces pics ardus, que nichent les milliers
d’aiglons qui voltigent autour du navire et viennent sans crainte se percher
sur les vergues. C’est là, le long des versants qui s’inclinent vers la mer,
que se retirent les indigènes les plus misérables et les moins civilisés. Ces
cavernes, plutôt faites pour des bêtes féroces que pour des hommes, ont
cependant été creusées par eux, ou bien agrandies pour leur tenir lieu de case.
Ces pauvres diables, je les vois sortant de là à plat-ventre, n’ayant pour tout
vêtement qu’un méchant lambeau d’étoffe passé autour des reins.
Le voyageur d’Europe, c’est-à-dire l’homme le plus civilisé du globe, en se voyant devant ces peuplades arriérées, est frappé de les rencontrer si vite sur son chemin ; car il ne s’attendait à les voir que dans les forêts du Nouveau Monde, de l’Océanie ou les déserts de l’Afrique. En les examinant de plus près, il se sent pris de pitié pour ces êtres pourtant pareils à lui mais si en retard au point de vue de la civilisation ; et il se dit que celle-ci est loin d’avoir fini son œuvre, qu’à deux pas seulement de l’Europe, son principal foyer de lumière, il existe des créatures délaissées, des terres incultes qui végètent impuissantes en attendant qu’elle daigne jeter ses regards de leur côté pour les tirer de l’état d’abjection où elles sont restées jusque-là.
La ville d’Aden, cachée au milieu du ravin de ces montagnes, est à une demi-lieue du port. Protégée déjà par cette ceinture naturelle de fortifications, elle n’en aurait pas besoin d’autres, quoique le génie militaire ait l’intention de la rendre plus inexpugnable encore par l’exécution de certains travaux qui en feront tout simplement unes des plus fortes places du monde.
Bien qu’elle ait déjà quatre à cinq forts très remarquables, le gouvernement anglais veut en construire d’autres sur les hauteurs, et pour cela doit faire aplanir les rocs qui dominent la ville. Du reste, le travail me semble déjà commencé, car j’entends partir des coups de mine, je vois des quartiers de rochers bondir en l’air et rouler dans la vallée, je vois devant moi une ligne tracée à la craie pour indiquer sans doute jusqu’où devra se faire le nivellement. Sans compter les batteries du fort et celles que l’on va établir, il en existe encore d’autres, et celles-là sont disposées en lignes formidables tout le long du rivage et de la belle route qui serpente autour de la montagne.
Cette colonie anglaise, peu productive à cause des déserts qui l’entourent, est donc néanmoins très importante comme point de relâche, ainsi que par sa disposition à l’autre bout de la mer Rouge et de la mer des Indes. Elle le sera plus encore dans quelque temps d’ici si l’armée anglaise vient à faire quelques sérieuses conquêtes de l’autre côté du détroit.
Le voyageur d’Europe, c’est-à-dire l’homme le plus civilisé du globe, en se voyant devant ces peuplades arriérées, est frappé de les rencontrer si vite sur son chemin ; car il ne s’attendait à les voir que dans les forêts du Nouveau Monde, de l’Océanie ou les déserts de l’Afrique. En les examinant de plus près, il se sent pris de pitié pour ces êtres pourtant pareils à lui mais si en retard au point de vue de la civilisation ; et il se dit que celle-ci est loin d’avoir fini son œuvre, qu’à deux pas seulement de l’Europe, son principal foyer de lumière, il existe des créatures délaissées, des terres incultes qui végètent impuissantes en attendant qu’elle daigne jeter ses regards de leur côté pour les tirer de l’état d’abjection où elles sont restées jusque-là.
La ville d’Aden, cachée au milieu du ravin de ces montagnes, est à une demi-lieue du port. Protégée déjà par cette ceinture naturelle de fortifications, elle n’en aurait pas besoin d’autres, quoique le génie militaire ait l’intention de la rendre plus inexpugnable encore par l’exécution de certains travaux qui en feront tout simplement unes des plus fortes places du monde.
Bien qu’elle ait déjà quatre à cinq forts très remarquables, le gouvernement anglais veut en construire d’autres sur les hauteurs, et pour cela doit faire aplanir les rocs qui dominent la ville. Du reste, le travail me semble déjà commencé, car j’entends partir des coups de mine, je vois des quartiers de rochers bondir en l’air et rouler dans la vallée, je vois devant moi une ligne tracée à la craie pour indiquer sans doute jusqu’où devra se faire le nivellement. Sans compter les batteries du fort et celles que l’on va établir, il en existe encore d’autres, et celles-là sont disposées en lignes formidables tout le long du rivage et de la belle route qui serpente autour de la montagne.
Cette colonie anglaise, peu productive à cause des déserts qui l’entourent, est donc néanmoins très importante comme point de relâche, ainsi que par sa disposition à l’autre bout de la mer Rouge et de la mer des Indes. Elle le sera plus encore dans quelque temps d’ici si l’armée anglaise vient à faire quelques sérieuses conquêtes de l’autre côté du détroit.
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