(099) Les Annamites (suite). L’Annamite tel qu’il est.
Maintenant, examinons en particulier chacun de ces indigènes.
Le maître de la case est de moyenne taille. Maigre et osseux, il a le front haut, l’œil méfiant, les pommettes des joues saillantes, les dents décharnées ; noircies par le bétel, elles lui sortent de la bouche, longues bientôt comme la défense d’un éléphant. Son menton est orné de quelques brins de barbe, ce qui montre qu’il a plus de 40 ans, car une vieille loi du pays défend aux gens du peuple d’en porter avant cet âge. Sur la tête, il a un espèce de turban qui a été noir, bleu ou blanc, on se sait guère trop ce qu’il fut, car les années et la saleté en ont fait un objet d’une couleur sans nom. Ce morceau s’étoffe retient ses cheveux qu’il porte longs comme les femmes, tantôt flottant sur les épaules, tantôt arrangés en chignon derrière la nuque au moyen d’un peigne en écaille ; surtout quand il en ajoute aux siens, car hommes et femmes portent de faux cheveux ici comme en France, ce qui est un point de ressemblance très surprenant surtout chez des gens comme cela, encore à moitié sauvages, et qui prouve qu’on n’a pas besoin d’être civilisé pour connaître la coquetterie. Je ne dirai rien des petites bêtes qui pullulent au milieu de cette forêt inculte : quoique les Annamites aient l’habitude de leur faire la chasse pour les manger, il en reste encore toujours bien trop pour reproduire.
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