(029) Départ d’Alexandrie. En wagon. (18 mars)
Nous sommes montés
en wagon dès notre arrivée à la gare et nous nous y sommes trouvés installés
d’une façon très confortable pour des soldats habitués à s’assoir sur des
misérables bancs. Cette ligne internationale n’a que des wagons de 1ère
et 2ème classe qui, entre parenthèses, sont bien mieux disposés et
plus commodes que ceux dont se servent nos compagnies de France. Toutes les
banquettes, à dossiers et coussins bien rembourrés, ne sont faites chacune que
pour deux voyageurs seulement, de sorte que l’on n’est jamais gêné. Il n’y a
pas de portières, on monte par les deux bouts du wagon et l’on entre en voiture
par un petit balcon d’où part une allée qui divise le wagon en deux parties. Ce
balcon sert aussi à communiquer avec le wagon voisin, de sorte que l’on peut se
promener du bout à l’autre d’un train, par conséquent porter secours avec plus
de promptitude en cas d’accident et surveiller avec beaucoup plus de facilité.
Après avoir dépassé les hangars misérables de la gare et un long viaduc à moitié en ruine qui doit être d’une époque très reculée, nous trouvons à gauche la petite branche du Nil qui se jette dans la mer à Alexandrie. Sur ses bords, nous n’apercevons que bananiers, prairies verdoyantes et champs cultivés. À droite nous côtoyons un lac peu profond mais tout aussi grand qu’une mer, car c’est à peine si l’on voit un oasis dans le lointain. Ce lac, qui s’appelle aujourd’hui le lac Menzaleh, s’appelait autrefois Maréotis. C’est un travail de géant qui fut creusé par les Pharaons ; dans quel but ? personne n’en sait rien. Maintenant il est peu profond et se dessèche quelquefois. Quand nous sommes passés, il était couvert d’oiseaux aquatiques de toute espèce : j’ai reconnu des canards de toute sorte, des sarcelles, des pluviers, des poules d’eau, des oies sauvages, des grues et des hérons de petite taille à bec rose et plumes d’une blancheur de neige, qui ne sont sans doute que les ibis sacrés d’autrefois.
En voyant tout ce gibier qui ne s’effarouche pas le moins du monde au passage d’un train et qui peut se livrer à ses ébats sans craindre le plomb des Égyptiens, je pense à mes chasseurs parisiens et je me dis que s’ils étaient là, ils n’auraient qu’à choisir et qu’à viser dans le tas. Habiles chasseurs ou non, certainement ils ne rentreraient pas bredouilles comme cela leur arrive si souvent, et n’auraient pas la peine d’aller au marché acheter le lièvre et les perdreaux qui sont la conséquence de toute chasse heureuse, et sans lesquels on se ferait jaser en arrivant à la maison.
Après avoir dépassé les hangars misérables de la gare et un long viaduc à moitié en ruine qui doit être d’une époque très reculée, nous trouvons à gauche la petite branche du Nil qui se jette dans la mer à Alexandrie. Sur ses bords, nous n’apercevons que bananiers, prairies verdoyantes et champs cultivés. À droite nous côtoyons un lac peu profond mais tout aussi grand qu’une mer, car c’est à peine si l’on voit un oasis dans le lointain. Ce lac, qui s’appelle aujourd’hui le lac Menzaleh, s’appelait autrefois Maréotis. C’est un travail de géant qui fut creusé par les Pharaons ; dans quel but ? personne n’en sait rien. Maintenant il est peu profond et se dessèche quelquefois. Quand nous sommes passés, il était couvert d’oiseaux aquatiques de toute espèce : j’ai reconnu des canards de toute sorte, des sarcelles, des pluviers, des poules d’eau, des oies sauvages, des grues et des hérons de petite taille à bec rose et plumes d’une blancheur de neige, qui ne sont sans doute que les ibis sacrés d’autrefois.
En voyant tout ce gibier qui ne s’effarouche pas le moins du monde au passage d’un train et qui peut se livrer à ses ébats sans craindre le plomb des Égyptiens, je pense à mes chasseurs parisiens et je me dis que s’ils étaient là, ils n’auraient qu’à choisir et qu’à viser dans le tas. Habiles chasseurs ou non, certainement ils ne rentreraient pas bredouilles comme cela leur arrive si souvent, et n’auraient pas la peine d’aller au marché acheter le lièvre et les perdreaux qui sont la conséquence de toute chasse heureuse, et sans lesquels on se ferait jaser en arrivant à la maison.
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