(074) Théâtre annamite.
Tout près du théâtre dont je viens de parler est le théâtre
annamite, qui n’est qu’un grand hangar en bambou recouvert de paille comme le
précédent. Un gros tam-tam annonce que le spectacle va commencer et, chose
assez étonnante pour ces pays-ci et qui rappelle en quelque sorte la claque de
chez nous, c’est avec ce tam-tam que l’on applaudit les passages les plus beaux
de la pièce. Un spectateur, et c’est ordinairement un lettré du voisinage, se
place avec une baguette en face de la grosse caisse, et frappe deux ou trois
coups suivant l’impression qu’il a dû ressentir.
Le costume, moins la richesse, est le même ou à peu près qu’au théâtre dont j’ai parlé plus haut, et dans l’interprétation des pièces — s’il est permis d’appeler ainsi ce qu’ils débitent si bêtement — ils cherchent à imiter la manière des Chinois ; mais à côté d’eux, ce ne sont que de petits singes qui veulent faire les savants, des nains microscopiques qui n’ont seulement pas l’aptitude suffisante pour atteindre jusqu’à la cheville de leurs maîtres.
Le sol est recouvert de vieilles nattes à l’endroit de la scène, que tout le monde peut voir parce qu’elle se trouve au milieu du théâtre, entre deux rangs de gradins formés de perches en bambou sur lesquelles le spectateur s’accroupit.
L’Européen ne va qu’une fois dans ce théâtre et il en a bien assez, car d’abord il ne comprend rien, puis le jeu des acteurs est nul, les costumes sont des haillons de rebut achetés aux Chinois. L’intérieur de ce hangar est misérable ; on n’y respire qu’un air empesté par la fumée des flots d’huile de coco qui brûle dans des bassins devant la niche de Bouddha et de chaque côté de la scène ; on n’y sent que les chiques de bétel et cette odeur insupportable qui s’exhale de tout Annamite riche ou pauvre parce que, dans quelque condition qu’il soit, il ne se lave jamais et tient encore plus à sa saleté qu’à ses piastres.
Le costume, moins la richesse, est le même ou à peu près qu’au théâtre dont j’ai parlé plus haut, et dans l’interprétation des pièces — s’il est permis d’appeler ainsi ce qu’ils débitent si bêtement — ils cherchent à imiter la manière des Chinois ; mais à côté d’eux, ce ne sont que de petits singes qui veulent faire les savants, des nains microscopiques qui n’ont seulement pas l’aptitude suffisante pour atteindre jusqu’à la cheville de leurs maîtres.
Le sol est recouvert de vieilles nattes à l’endroit de la scène, que tout le monde peut voir parce qu’elle se trouve au milieu du théâtre, entre deux rangs de gradins formés de perches en bambou sur lesquelles le spectateur s’accroupit.
L’Européen ne va qu’une fois dans ce théâtre et il en a bien assez, car d’abord il ne comprend rien, puis le jeu des acteurs est nul, les costumes sont des haillons de rebut achetés aux Chinois. L’intérieur de ce hangar est misérable ; on n’y respire qu’un air empesté par la fumée des flots d’huile de coco qui brûle dans des bassins devant la niche de Bouddha et de chaque côté de la scène ; on n’y sent que les chiques de bétel et cette odeur insupportable qui s’exhale de tout Annamite riche ou pauvre parce que, dans quelque condition qu’il soit, il ne se lave jamais et tient encore plus à sa saleté qu’à ses piastres.
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