(017) Rade d’Alexandrie. Palais du vice-roi. Moulins à vent.
Plus nous avançons plus la mer, bleue d’abord, devient verte à cause de son peu de profondeur et du sable sur lequel elle roule. Pour entrer en rade, le pilote nous fait faire un grand détour à cause des nombreux récifs à fleur d’eau et de la ligne de bancs de sable qui s’étend autour de la passe et assez loin en mer. Deux poteaux sont là du reste pour indiquer le chemin. Nous longeons un terrain sablonneux que l’on a exhaussé de distance en distance pour y élever des redoutes et y placer des batteries.
Nos regards s’arrêtent tout d’abord sur un monument dans le style oriental ; c’est le palais du vice-roi avec ses dômes dorés, ses minarets surmontés du croissant et ses pavillons découpés comme les plus fines dentelles. La forme en est un peu lourde, mais on oublie vite ce détail en face des ouvrages d’art merveilleux que l’on voit partout à profusion sur toutes les façades de l’édifice. Comme entourage et pour donner un certain charme à cette demeure vraiment royale que le désert rend triste, il faudrait des massifs de grands arbres, de larges avenues, des jardins, des gazons ayant vue sur cette mer sillonnée partout de navires.
Dans la plaine qui s’étend du palais jusqu’à l’entrée de la ville, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer une foule de petits moulins à vent qui vus de loin ressemblent à des joujoux d’enfants ou à des soldats rangés en bataille ; ils sont on ne peut mieux placés là pour donner tout de suite au voyageur qui entre en Égypte une haute idée de sa fertilité.
Enfin nous arrivons, l’ancre est jetée et le jour-même nous quittons la Seine pour aller à bord du stationnaire français l’Andromaque, où nous resterons jusqu’à ce que la Sarthe soit prête à partir de Suez.
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