(049) Départ d’Aden. Soldat et matelot. Vexations. (5, 6, 7, 8 et 9 avril)
Nous levons l’ancre à 4 heures du soir et nous sortons de la
rade sans difficulté. Les jours d’après le temps s’écoule sans incidents, sans
distractions aucunes. Nous n’apercevons sur la mer que des poissons volants
faisant des ricochets, des marsouins qui font la roue, des bonites énormes qui
sautent en l’air et quelquefois aussi des bandes de souffleurs qui s’amusent à
rejeter l’eau au-dessus de leurs têtes.
Le 6 nous sommes déjà loin d’Aden car nous commençons à distinguer la côte d’Afrique, et deux heures après nous doublons le cap Guardafui pour entrer définitivement dans la mer des Indes.
Pendant la nuit qui a suivi cette journée, nous avons été en butte à tous les mauvais traitements possibles de la part d’un méchant officier de quart. Oui, certes, si depuis que nous avons quitté l’Andromaque nous avons été malmenés, ça a été cette nuit-là, aussi je prends note de tout ce qui s’est passé pour montrer toute la brutalité de Messieurs les Officiers de Marine.
Monsieur le lieutenant chargé, c’est-à-dire le commandant en second, un homme ayant le caractère revêche autant que la figure, détestant le soldat de tout son cœur, après avoir fait exprès durant la nuit appel sur appel, a vers trois heures du matin commandé aux hommes de l’équipage de nous jeter des sauts d’eau sur la tête parce qu’il trouvait qu’on ne se rendait pas assez vite à ces appels. Ce lieutenant, qui salit ses galons en faisant les fonctions de gendarme, me restera longtemps sur le cœur, car, sacrebleu, ce n’est pas se respecter soi-même, ce n’est pas le propre d’un homme civilisé de brutaliser des hommes qui en définitive sont moins brutes que ses matelots ; des soldats qui ne devraient faire qu’un avec la marine, puisqu’ils voyagent presque toujours ensemble et sont en garnison comme eux dans les ports.
Donc nous avons été arrosés en plein sommeil, nos couvertures s’en sentiront longtemps. Nous nous sommes levés en sursaut, en maugréant et criant assez fort pour faire comprendre à ce barbare que, s’il se trouvait un jour entre nos mains, on pourrait bien se venger à notre tour.
Le 6 nous sommes déjà loin d’Aden car nous commençons à distinguer la côte d’Afrique, et deux heures après nous doublons le cap Guardafui pour entrer définitivement dans la mer des Indes.
Pendant la nuit qui a suivi cette journée, nous avons été en butte à tous les mauvais traitements possibles de la part d’un méchant officier de quart. Oui, certes, si depuis que nous avons quitté l’Andromaque nous avons été malmenés, ça a été cette nuit-là, aussi je prends note de tout ce qui s’est passé pour montrer toute la brutalité de Messieurs les Officiers de Marine.
Monsieur le lieutenant chargé, c’est-à-dire le commandant en second, un homme ayant le caractère revêche autant que la figure, détestant le soldat de tout son cœur, après avoir fait exprès durant la nuit appel sur appel, a vers trois heures du matin commandé aux hommes de l’équipage de nous jeter des sauts d’eau sur la tête parce qu’il trouvait qu’on ne se rendait pas assez vite à ces appels. Ce lieutenant, qui salit ses galons en faisant les fonctions de gendarme, me restera longtemps sur le cœur, car, sacrebleu, ce n’est pas se respecter soi-même, ce n’est pas le propre d’un homme civilisé de brutaliser des hommes qui en définitive sont moins brutes que ses matelots ; des soldats qui ne devraient faire qu’un avec la marine, puisqu’ils voyagent presque toujours ensemble et sont en garnison comme eux dans les ports.
Donc nous avons été arrosés en plein sommeil, nos couvertures s’en sentiront longtemps. Nous nous sommes levés en sursaut, en maugréant et criant assez fort pour faire comprendre à ce barbare que, s’il se trouvait un jour entre nos mains, on pourrait bien se venger à notre tour.
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