(100) Les Annamites (suite). Manière de se vêtir.
Quand il n’a pas son turban, l’Annamite porte un petit salako pointu, grossièrement fait en feuilles de bananier ; il s’en sert surtout quand il va au travail pour se garantir du soleil. S’il sort se promener, il est coiffé du turban et a pour tout vêtement un grand sarrau en coton et en soie descendant plus bas que le genou et s’agrafant sur le côté droit avec des boutons de verre ou d’ambre jaune.
Chez lui comme au travail, il porte une espèce de blouse très courte, sans col, fendue sur le devant ; cette blouse est blanche ordinairement car les Annamites, quoique très malpropres, ont une prédilection marquée pour cette couleur. La plupart du temps ce vêtement, qui touche la peau, s’imbibe de sueur et de crasse, celui qui le porte couche avec, ne le lave pas, et ne le quitte que lorsqu’il est en loques ; à ce moment-là vous ne le prendriez certainement pas avec des pinces.
Les jours de fête, il porte autour du corps une ceinture en soie rouge ou bleue dont le nœud fait par devant laisse flotter les deux bouts. Cette ceinture étant un ornement, c’est pour lui chose indispensable, aussi vous ne verrez jamais un jeune Annamite sans ceinture ; s’il n’en a pas, il préfère se priver de manger et vole même souvent pour s’en payer une. À cette ceinture est suspendu sur la hanche droite un petit sachet brodé qui contient une provision de tabac, de papier à cigarettes, de feuilles de bétel et de noix d’arec.
Le pantalon qu’il porte est très large, de la couleur de la blouse, et ne lui vient qu’à mi-jambe. Au lieu d’être retenu par des boutons comme chez nous, il ne tient serré autour des reins que par le tortillage qu’on lui fait faire.
Après cet accoutrement je ne vois que des pieds nus, car les Annamites qui portent chaussettes et souliers sont encore excessivement rares. En cas de pluie ou de soleil, l’Annamite quand il sort porte toujours avec lui son grand parapluie, parapluie tout primitif et économique, car il est entièrement fait de feuilles d’arbres vernies collées l’une sur l’autre et ne coûte qu’une ligature ou un franc ; mais ce parapluie, dans les villes surtout, tend beaucoup à disparaître, car on voit beaucoup d’indigènes adopter les nôtres.
Commentaires
Enregistrer un commentaire