(068) La rade de Saïgon. Navires marchands. Navires de l’État. Barques indigènes.

Un peu avant d’arriver à Saïgon, le Donnaï forme un coude très prononcé et d’une grande largeur. Dans le premier renfoncement de ce coude stationnent les navires marchands, très nombreux en ce moment-ci. Dans le second sont les bâtiments de l’État, transports, frégates, canonnières, chalands, vieux navires servant de magasins, et la grande masse en fer du dock flottant que l’on prendrait de loin pour un îlot.
Entre autres grands bâtiments, je remarque le Duperré, qui sert de stationnaire et de caserne aux matelots de la division navale des mers de Chine. Je vois l’Orne, le Fleurus, le Dupleix y a 8 canonnières toutes neuves au milieu desquelles est l’Ondine, yacht du gouverneur.
En face de la ville, qui se trouve au centre du coude formé par le fleuve, je vois des centaines de grandes barques de rivières, les unes arrivant par les arroyos du fond de la province, débarquant des marchandises de toute espèce, les autres toutes réunies ensemble pour se protéger mutuellement pendant le voyage contre les pirates, attendant l’heure de la marée pour partir.
En outre, nous nous trouvons au milieu d’une fourmilière de petits navires de la rade ; les autres sont des restaurants ambulants et ceux-ci des bateaux de passage appelés sampans qui, rangés là à la file le long du quai, attendent l’arrivée des voyageurs ou vont et viennent déjà en sillonnant le fleuve en tous sens avec des passagers. À cet endroit le fleuve en est littéralement couvert.

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